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Fanfare : souffler c’est jouer

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Ils méritent une bonne note ces musiciens qui ont résisté à la dictature du COVID. En “distanciel” avec Zoom ils ont contourné le problème inéluctable de la désynchronisation des sons : biens qu’émis au même instant ils arrivent chacun avec son décalage propre. Ils se sont débrouillés, astucieux évitant la cacophonie.

Ils sont douze. Douze ? Mais c’est une équipe de foot et son coach alors. Non, néanmoins avec des points communs : onze instrumentistes et un coach ; c’est la jeune fanfare d’Auzeville et ses musicien(ne)s, quatre féminines et huit masculins pour rester dans le dialecte sportif. Le jeunot a 17 ans et, des plus âgés, on ne dira rien de leur âge sauf qu’ils sont jeunes depuis plus longtemps. Majorité masculine donc… soit, mais direction d’orchestre féminine sous la houlette de Camélia Burillo. La famille est bien représentée, le papa à la trompette (et au Conseil municipal), le frère au trombone à coulisse et Camélia, la sœur cheffe du big band ! Depuis ses 5 ans et sa première trompette elle a pimenté son cursus scolaire de pratiques instrumentales. Son jardin musical est terriblement bigarré !

Les Fabul’Auz sont là !

Si vous ne les avez pas croisés dans quelque événement festif ou commémoratif, vous aurez nombre de manifestations locales pour les voir et surtout entendre. Car les cuivres et les bois sans compter la percussion ça “envoie” des décibels, mais toujours harmoniques et harmonieux. Retenez le nom de la formation, notre fanfare s’appelle “Les Fabul’Auz”. Ils seront sur la “scène” Auzevilloise acteurs de la fête de la musique. Vous aimerez leur répertoire éclectique : des classiques marches militaires, Porompompero, peña Baïona jusqu’aux Beatles (Let it be etc), et d’autres chansons “modernes”

Quand ils jouent c’est Camélia qui conduit le camion

En musique, l’étudiante en psycho, réservée et studieuse à l’ordinaire de la fac, déroule alors ses bras. Et telle une déesse Shiva, les démultiplie pour donner le tempo et harmoniser les solistes. Concentrée, le corps tout en mouvement, les oreilles aux aguets et les yeux perçants, rien ne lui échappe pour amener les musiciens à exprimer le meilleur de chacun. Et si ce n’est pas “top”, on fait le point et on recommence. N’imaginez pas cependant que Camélia soit une caricature d’adjudant despotique, une tyrannique mère Fouettard, bien au contraire, sa gestuelle libère au sein de la formation fluidité et encouragement. Elle conduit le camion à fond mais… en souplesse.

Stéphane Lelong