Foyer Rural Auzeville

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Mise à jour : février 2005

   
   

Petite promenade historique au coeur d'Auzeville

Tout d’abord, évoquons les origines du mot «Auzeville».

D’ou vient ce nom ?

Peut-être faudrait-il remonter à l’occupation romaine : ce pourrait être « Villa d’Auzius », mais nous ne trouvons (au sol ou par avion ) aucune trace d’une maison romaine avec ses jardins, ses portiques, ses bassins.

D’autres proposent « Villa d’Aldo » Aldo étant un wisigoth du cinquième siècle ; rien ne vient étayer cette idée.

Est-ce « Ville des Eaux » ? Pourtant il n’y a guère de sources ou de ruisseaux dans nos coteaux.

« Villa des Osiers » est une autre suggestion. En effet, les osiers poussent volontiers sur nos terres, mais autrefois on les appelait « bins ». La meilleure explication nous ramène à l’époque romaine. Autour de « Tolosa » plusieurs villages, Auzielle, Auzil, Auzeville, situés de part et d’autre de la Via Romana, étaient probablement les garnisons des « auxiliaires » protégeant l’accès à Tolosa.

Pour notre promenade dans Auzeville, partons de la « Mairie Vieille ».

C’est un bâtiment de briques dont la partie droite servait aux délibérations du conseil municipal.

Contre ce bâtiment on construisit une salle de classe et un logement pour le maître d’école : filles et garçons de la classe unique jouaient sous le préau couvert.

Rejoignons la rue principale et le quartier du Clapier ; voici la « Maison des Têtes ».

Le bâtiment est actuellement en forme de U. Le corps central, le plus ancien, remonte à la Renaissance : nous trouvons des fenêtres à meneaux sur la façade arrière. Les deux tours carrées, de part et d’autre, ont été construites plus tard puis rattachées au bâtiment principal.

On raconte que, lors d’une partie de chasse, le Roi Henri IV s’y arrêta pour se rafraîchir.

Après la chute de Napoléon, un officier anglais acheta la maison; il fit rénover la façade et lui donna son caractère original : quatre têtes en terre cuite furent placées dans des niches à la partie supérieure ; trois d’entre elles seraient des têtes de Reines d’Angleterre. La statue, au dessus de la porte pourrait être la Muse Uranie.

 

 

Remontons vers les coteaux, laissons sur notre droite le Chemin de Madame pour rejoindre «Castel Marly» la plus ancienne résidence occupée par les seigneurs d’Auzeville.

Nous savons que, dès 1615, un certain Jean de Queyratz eut à Auzeville une maison à quatre tours, bâtie en pierres et en briques. Il venait de Montpellier, nommé par Henri IV, pour occuper la chaire de chirurgie à l’Université de Toulouse ; mais les docteurs de Toulouse ne voulurent pas accepter cet étranger qui enseignait une discipline nouvelle. C’est seulement en 1610 qu’il put occuper cette chaire.

 

Quand il mourut en 1660 son fils Jacques devint «seigneur d’Auzeville». Il est connu comme «Capitoul»Puis Jean-Jacques de Queyratz, né en 1653, devint seigneur d’Auzeville ; mais, attiré par le métier des armes dès l’age de quinze ans, il partit batailler en  de nombreuses campagnes sur le Rhin, en Hollande et partout en Europe. En Flandre, il commande St-Frémond et participe à l’héroique défense de Namur et épouse Catherine de Limbrock.

La jeune flamande vint vivre à Auzeville mais comme son mari était toujours parti pour la guerre, elle s’ennuyait dans son château ; elle allait quelquefois visiter sa nièce en empruntant le «Chemin de Madame». Certains se mirent à jaser disant : elle est jeune … les jours sont longs … c’est ainsi que de vilaines rumeurs se répandirent.

A la mort de son mari, comme veuve d’un commandant en chef, elle eut droit à une escorte de quinze gardes : quand elle sortait, ils faisaient une haie d’honneur, fusil à l’épaule, mais sans batterie de tambours .

Catherine mourut à Auzeville à soixante douze ans; elle fut enterrée, le11 Novembre 1680 en l’église St Séverin. Si vous entrez dans l’église, construite en 1680, pensez que sous son pavement reposent Catherine et son mari.

Après Catherine, «Castel Marly» revint à sa nièce. Son mari, Henri Robin,vicomte de Villemur, comte de Pailhàs, seigneur de Samazan, Auzeville et autres lieux, aimait beaucoup cet endroit et le décrivit avec passion  «cet endroit dont je suis le seigneur, est le plus agréable ; il y a des champs des bois des prairies et des jardins. Une vigne produit un vin digne des meilleures tables ; il y a aussi des merisiers, beaucoup d’arbres fruitiers, et un vivier à poissons.

Le château est solidement bâti avec une chapelle, une cour d’honneur, un pont de briques et un pigeonnier avec de nombreux pigeons. Nous respirons un air si pur que les gens des alentours vivent très vieux. De plus une fontaine nous donne une eau délicieuse ; il y a aussi 3 puits, du bétail, une cave et tout ce qui est nécessaire pour la maison et ses dépendances».

Pourtant le château fut vendu ; nous ne savons pas pourquoi. Après la révolution, plusieurs propriétaires s’y succédèrent, et même en 1941-1942, une compagnie de la Wermacht y stationna.

Après la guerre, le nouveau propriétaire entreprit de le restaurer et découvrit les vestiges d’une chapelle, appartenant peut-être à un monastère accueillant les pèlerins sur le chemin de St Jacques de Compostelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Près de «Castel Marly» voici le «Château des Frères».

Les archives ne nous apprennent rien sur sa construction, et son premier nom. A cause de ses éléments architecturaux, surtout ceux de la façade Nord-Ouest, nous pouvons penser que la construction du château date de la fin du seizième siècle. C’est un cube massif décoré d’une tour, témoin des anciennes maisons fortes. Les quatre façades sont différentes : les ouvertures variées montrent l’histoire architecturale du château. Au niveau inférieur, il y a seulement deux pièces : l’une est la salle d’honneur enrichie d’une rare et vaste cheminée, très belle et originale par sa décoration en briques de différentes couleurs.

Cent cinquante ans après sa construction, le château fut acheté par la confrérie des tailleurs ; il est maintenant classé « monument historique et connu sous le nom des frères tailleurs

Descendons maintenant, par le chemin de la Mayrine, vers notre point de départ.

A travers les arbres, nous apercevons l’église.

Que savons-nous des églises d’Auzeville ?

Selon la tradition, il y eut plusieurs églises et chapelles. Nous avons déjà évoqué le monastère et sa chapelle près de Castel Marly, construite au onzième siècle, ou les pèlerins pouvaient se reposer. Dans le talus de la route, on peut voir des ossements, peut-être ceux de quelques voyageurs vers St Jacques de Compostelle.

Maintenant, il ne reste que l’église Sr Séverin. Les gens d’Auzeville voulurent avoir la plus grande, la plus belle mais aussi la moins chère. Aussi, participèrent-ils à sa construction ;après leur travail, ils transportaient des briques depuis une fabrique située près du canal. Ils étaient très fiers de leur travail et disaient : «Dans les murs de mon église il y a des briques que j’ai portées de mes mains !»

Que peut on voir à l’intérieur ?

Des fonds baptismaux, datant de 1584, sur un fût de colonne romane décoré de têtes. Au dessus, dans une niche incurvée, on a placé une tête médiévale.

En 1865, le plafond menaçait de s’effondrer mais prêtre, paroissiens conseillers municipaux avaient beaucoup de sujets de discorde (toit de l’église, place du presbytère) et rien ne fut fait. L’église avait toujours un plafond plat et défectueux.

A la longue, on décida de rehausser les murs et de construire une voûte. Ainsi, laissa t-on de hautes ouvertures dans les murs. Une mère dévote offrit deux vitraux l’un avec Saint-Jean, l’autre avec Saint-Laurent du nom de ses deux jeunes fils morts.

Plus tard, on put ériger une croix et acheter d’autres vitraux.

Une noble paroissienne, Olympe de Marmiesse, offrit un tableau ; mais on raconte que Olympe, en terminant son œuvre, tournait autour du chevalet en bougonnant :

« Quel dommage d’avoir pris tant de peine pour ces paysans. Ils ne comprennent rien ! »

Est-ce pure maladresse ou justice divine ?

Elle heurta le chevalet, le tableau lui tomba sur le pied, et elle resta boiteuse toute sa vie !

Un peu plus loin, caché dans les arbres, il y a le château de la Durante.

Nous en savons peu à propos de ce château.

Un chasseur Allemand s’écrasa sur lui à la guerre de 39-40, le château fut incendié et quelques civils périrent.

Sa renommée vient du « Coup de l’Etrier », un apéritif que Napoléon est supposé avoir bu dans sa botte !

On rapporte quelques phrases célèbres à propos du « Coup de l’Etrier »… par exemple la Princesse Louise d’Orléans dit au Roi Léopold : « Sire, ce délicieux vin de France vous portera chance ! Buvons le « Coup de l’Etrier » !

Certains Auzevillois possèdent peut-être encore quelques bouteilles qu’ils vous feront goûter et ce filtre magique vous mettra sous le charme du village !

 

 

 
     

 

   

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